Les portes de Zanzibar


Les portes de Zanzibar ont pendant longtemps été le reflet de la fonction, de la puissance et de la richesse du propriétaire de la demeure. L’explorateur anglais Richard Francis Burton écrivait en 1873 : « Plus haut est le linteau, plus grande est la porte, plus lourde est la serrure, plus gros sont les clous, plus importante est la personne  !  ».

Au 18ème siècle, Zanzibar est une île prospère; Stone Tone est divisée en quartiers où les personnes se regroupent par culture et par profession. La plupart du commerce a lieu dans les maisons; les sculptures sur les portes permettent d’identifier l’activité du lieu: un poisson et le propriétaire possède des bateaux de pêche; de la vigne, vous pénétrez chez un marchand d’épices; des perles, il est joailler; des figures géométriques, vous êtes chez le comptable; des chaînes, chez un marchand d’esclave. Le nombre de fleurs sculptées indique le nombre de famille réunies sous le même toit; si il y a un ananas, vous serez bien reçus, et si des palmes sont sculptées, c’est que la famille est prospère. Tous ces signes sont sculptés à des endroits bien précis de la porte, les versets du Coran seront toujours sur le linteau supérieur, le lotus signe de bonne santé sera au milieu et les palmes à hauteur d’homme, bien en vue.

Les Indiens apportent de chez eux deux types de portes bien distinctes, la Gujarati, est divisée en deux vantaux dont un seul ne s’ouvre afin de ne laisser passer qu’une personne à la fois. Cela permettait de contrôler les entrées/sorties, la plupart des Indiens étant joaillers. La porte dite Punjabi est arrondie et recouverte de clous qui servaient aux Indes à renforcer les portes et à les protéger contre les éléphants de guerre.

Suite au départ du dernier Sultan en 1964 de nombreux sculpteurs de portes se sont retrouvés sans emploi et sont partis sur le continent fabriquer du mobilier.

Mais l’inscription de la ville au patrimoine de l’Unesco en 2000 et le grand plan de rénovation de la ville ont permis le retour en grâce de cet art. Les rénovations doivent en effet se faire avec les matériaux et techniques d’origine.